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L’ergonomie dans l’industrie de précision

Pourquoi l’ergonomie est devenue un enjeu stratégique dans l’industrie de précision ?

Dans les métiers de la précision, chaque geste compte. Dans l’horlogerie en particulier, les artisans travaillent parfois des heures durant sur des composants minuscules, où la moindre variation peut influencer la qualité du produit final. Dans ce contexte, l’ergonomie du poste de travail n’est plus simplement une question de confort : elle est devenue un véritable levier de performance, de santé et de qualité.

Aujourd’hui, les manufactures horlogères et les entreprises actives dans la microtechnique accordent une attention croissante à la conception de leurs postes de travail. L’objectif est clair : offrir aux collaborateurs un environnement parfaitement adapté à leur activité, capable de soutenir la précision de leurs gestes et la constance de leur travail.

L’ergonomie, au coeur de la précision

Un poste de travail mal conçu peut rapidement entraîner fatigue, tensions musculaires et perte de concentration. Dans les métiers de haute précision, ces éléments ne sont pas anodins : ils peuvent directement influencer la qualité du travail réalisé.

La hauteur du plan de travail, la position des bras et des épaules, la qualité de l’éclairage ou encore l’accessibilité des outils sont autant de facteurs déterminants dans l’ergonomie d’un poste de travail. Un établi mal adapté oblige par exemple l’horloger à travailler avec les épaules trop hautes ou le dos courbé. Sur la durée, ces contraintes peuvent provoquer des troubles musculo-squelettiques, mais aussi diminuer la précision des gestes et la productivité.

À l’inverse, un poste de travail bien conçu permet de maintenir une posture naturelle et stable. L’utilisateur peut ainsi se concentrer pleinement sur son travail, réduire la fatigue et reproduire les mêmes gestes avec une constance essentielle dans les métiers de précision.

L’établi horloger, un outil stratégique

Dans une manufacture horlogère, l’établi ne constitue pas un simple meuble. Il est le coeur du poste de travail et joue un rôle central dans la qualité de l’activité quotidienne.

Les établis modernes intègrent aujourd’hui de nombreux éléments pensés pour améliorer l’ergonomie. Le réglage de la hauteur permet d’adapter le plan de travail à la morphologie de l’utilisateur. Les accoudoirs soutiennent les bras et contribuent à stabiliser les gestes. L’éclairage est conçu pour offrir une visibilité optimale sur des composants extrêmement fins, tandis que l’organisation des tiroirs et des outils permet d’accéder immédiatement à l’instrument nécessaire.

Dans certaines manufactures, l’ergonomie va même plus loin. Les postes de travail sont standardisés à l’échelle mondiale. Un horloger travaillant à Genève, à Zurich ou dans une manufacture située à l’autre bout du globe peut retrouver exactement le même établi, avec les outils placés au même endroit. Cette uniformité facilite la mobilité des collaborateurs et garantit une constance dans les méthodes de travail.

Le sur-mesure au service de l’ergonomie

Si l’ergonomie est essentielle, elle ne peut pourtant pas être uniformisée de manière universelle. Chaque métier, chaque geste et chaque environnement de production possède ses spécificités. C’est pourquoi certaines entreprises privilégient une approche sur mesure dans la conception de leurs postes de travail.

Depuis 1891, Bodenmann développe des aménagements adaptés aux exigences des métiers de précision. L’entreprise conçoit notamment des établis horlogers et des postes de travail pensés spécifiquement pour les besoins des manufactures.

Chaque projet commence par une analyse détaillée des usages. Les équipes observent les gestes du métier, identifient les contraintes techniques et conçoivent une solution parfaitement adaptée. Cette réflexion se poursuit ensuite au sein du bureau d’étude, avant la fabrication dans les ateliers et l’installation sur site. Cette démarche permet de répondre aussi bien à la création d’une pièce unique destinée à un utilisateur spécifique qu’à la production de séries complètes pour équiper des ateliers entiers en Suisse ou à l’international.

Ergonomie, bien-être et exigences techniques

Au-delà du confort et de la performance, l’ergonomie d’un poste de travail repose sur des critères précis, définis par des normes et des recommandations reconnues.

Dans le domaine des établis horlogers, plusieurs éléments techniques sont déterminants. L’espace de mouvement sous l’établi, notamment pour les jambes et les pieds, doit permettre à l’utilisateur de s’approcher correctement de sa zone de travail sans contrainte. Des normes comme l’ISO 14738 définissent par exemple des dimensions minimales pour garantir une posture adaptée.

La hauteur du plan de travail constitue également un facteur clé. Un établi réglable permet de s’adapter aux différentes morphologies et aux types d’opérations, qu’il s’agisse de travaux nécessitant une vision rapprochée ou, au contraire, plus de recul. Une hauteur inadaptée entraîne rapidement des tensions au niveau des épaules, du dos ou de la nuque.

L’éclairage et les matériaux utilisés jouent eux aussi un rôle essentiel. Les surfaces de travail doivent être non réfléchissantes afin d’éviter toute gêne visuelle, conformément aux recommandations en matière d’éclairage des postes de travail. De même, l’organisation du plan de travail et des rangements doit permettre un accès immédiat aux outils, sans mouvements inutiles.

Enfin, des éléments comme les accoudoirs réglables contribuent à réduire la sollicitation musculaire, en particulier lors de travaux de haute précision nécessitant une stabilité parfaite des gestes.

Ces exigences montrent que l’ergonomie ne repose pas uniquement sur des principes généraux, mais sur une compréhension fine des gestes métiers et sur l’application de standards techniques rigoureux.

Une expertise qui dépasse l’horlogerie

Si l’horlogerie constitue un domaine emblématique de l’exigence ergonomique, les mêmes principes s’appliquent aujourd’hui à de nombreux secteurs. Les ateliers de bijouterie, les environnements de microtechnique ou encore certains espaces techniques dans l’hôtellerie nécessitent eux aussi des aménagements parfaitement adaptés aux gestes professionnels.

Dans ces contextes, le mobilier sur mesure permet d’adapter chaque poste de travail aux besoins réels des utilisateurs. Il devient un outil stratégique qui relie la précision du geste à la qualité de environnement de travail.


Concevoir un poste de travail adapté à vos métiers

Depuis plus d’un siècle, Bodenmann accompagne les entreprises dans la conception d’aménagements et de postes de travail sur mesure. Des établis horlogers aux aménagements techniques spécialisés, chaque projet est conçu pour répondre précisément aux gestes, aux contraintes et aux exigences des métiers. Les équipes de Bodenmann se tiennent à votre disposition pour échanger sur votre projet et étudier les solutions les plus adaptées à votre activité.

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Bodenmann traverse les siècles – FAVJ

Nous sommes ravis d’annoncer que Bodenmann a été mis à l’honneur dans un article récent de la Feuille d’Avis de la Vallée de Joux . L’article retrace notre histoire depuis la fondation de l’entreprise par Jacob Bodenmann en 1893, jusqu’à nos opérations actuelles, dirigées par Mélanie Bodenmann et Marc Dépraz. Nous vous invitons à lire l’article en intégralité pour en savoir plus sur notre parcours, notre engagement envers l’innovation et la tradition, et notre vision pour l’avenir.

« En matière de transmission d’entreprise, J. Bodenmann SA n’a de leçon à recevoir de personne. Présente dans le paysage combier depuis 132 ans, Bodenmann Agencement d’Espaces, comme elle se nomme maintenant, a cette tradition dès lors de se transmettre les rênes de père en fils. Jusqu’à aujourd’hui.

De Jacob à Jeandaniel
Il y eut Jacob, le fondateur, arrivé à la Vallée de Joux en 1890 de son Appenzell natal par une annonce « nous cherchons menuisier sachant traire et faucher ». Le cyclone qui dévaste La Vallée en 1891 le pousse à se mettre à son compte au Brassus et il construit son premier bâtiment au Campe (toujours présent) en 1893. L’année suivante il remporte une médaille de bronze pour la construction de la charpente de l’Eglise St-Léonard à St-Gall. Après lui, il y eut Jean, Jacques et Jeandaniel.

La « Patte » Bodenmann
Chaque Bodenmann se démarque par son avant-gardisme sur la technologie de son époque. Jacob apporte l’électricité au Campe, Jean réalise La Cave Vaudoise à l’Expo Nationale de Zurich de 1939. Jacques reprend l’entreprise familiale à 22 ans et l’informatise, Jeandaniel la propulse à l’international, diversifie les activités et crée le célèbre établi pliant. Il a sa façon à lui d’amorcer le virage technologique et sociétal du XXIe siècle en rompant définitivement avec les anciennes traditions : donner les rênes non pas à un de ses fils, mais les confier à un binôme, sa fille Mélanie et Marc Dépraz, entré dans l’entreprise en 1996.

« Le monde change vite »
Cette nouvelle ère, Jeandaniel y pense depuis bien longtemps « Au premier jour dans cette entreprise, on a cette transmission dans un coin de la tête. Un peu comme le précieux vase de Chine dont tu es dépositaire, qu’il ne faut pas casser pour pouvoir le transmettre aux générations futures. Dans les années 90, cela faisait déjà 10 ans que j’étais aux commandes, mes enfants étaient encore petits, j’ai pensé à un intermédiaire. Mais le monde change vite et les projets, bien souvent, tombent à l’eau. Mes méthodes sont maintenant caduques et j’ai plus de peine à m’adapter aux nouveautés. »

Ils sont deux
« On devait trouver des personnes compétentes qui ont une vision bien plus proche de la réalité. J’ai eu la chance de tomber sur Marc Dépraz qui a accepté de reprendre le gouvernail, et pas seulement ! Il fourmille d’idées et d’approches différentes dans le management, il apporte de nouvelles voies à l’entreprise. Il la change, sans vraiment la changer, l’ADN reste. Et j’ai aussi eu la chance d’avoir ma fille Mélanie, la seule représentante Bodenmann désormais, qui a bien voulu en faire partie. C’est la seule femme dirigeante dans la famille et c’est parfaitement dans l’air du temps. Elle a des compétences indéniables et s’occupe brillamment de l’international. »

Par monts et par vaux

Mélanie a depuis l’enfance, traîné dans les locaux de l’atelier. Cette entreprise, elle la connaît par coeur, tous les coins et recoins. Elle est capable de reconnaître chaque essence de bois, chaque vernis, chaque pièce dans l’atelier. Après avoir appris le métier à la force des bras « par le bas » dit-elle, elle propulse aujourd’hui le secteur international à 40% du chiffre d’affaires, s’occupant du SAV de grands horlogers de par le monde. Aujourd’hui à Dallas, la semaine prochaine à Dubaï, la suivante à Londres. Elle met les mains à la pâte avec les ouvriers sur chaque chantier. Elle développe son propre réseau en plus de maintenir celui de Jeandaniel. « Mon père m’a bien appris confie-telle. Je coordonne les chantiers, de la page blanche à la facture finale. Je mène une dizaine de projets simultanément, c’est pour ça que je voyage beaucoup. Ce qui est vraiment enrichissant est de découvrir d’autres cultures, plein de choses qu’on ne nous apprend pas à l’école. »

La force tranquille

Directeur et administrateur, Marc Dépraz ne l’aurait peut-être pas imaginé lors de son entrée chez Bodenmann en 1996. Il est passé par tous les ateliers « sauf le dessin » précise-t-il, a suivi des formations supérieures et a maintenant la tâche de faire le lien entre les anciennes et nouvelles générations. « Le management des équipes a bien changé, bien plus complexe, il faut plus de considération et de communication. Nos équipes sont au top, on a beaucoup de compétences, c’est à moi de faire la bonne mayonnaise. Il faut être présent et ces réflexions prennent beaucoup de temps. On fonctionne en équipe ce qui permet d’avoir des avis et des solutions plus adaptées. L’ADN de l’entreprise c’est ça, c’est l’échange. Il y a un vrai changement de mentalité et pour pérenniser et développer l’entreprise, il faut mettre un maximum de moyens à disposition des gens pour qu’ils fassent bien leur travail. Cette organisation a démarré en même temps que le Covid, les débuts ont été assez sportifs !

« Il la change, sans vraiment la changer, l’ADN reste »
« Ce qui a été fait par 4 générations est ancré dans la société, poursuit Marc Dépraz. On profite de cette réputation pour développer d’autres marchés précieux, comme le secteur de l’hôtellerie. Nous avons un showroom privé dans nos locaux. On se sert de cette renommée : nous ne sommes pas très connus dans ce secteur, mais dès que l’on présente la plaquette et notre nom, ça nous ouvre les portes ! L’aspect écologique a pris une bonne place chez nous, nous sommes totalement autonomes en énergie, on se chauffe avec nos déchets, sans omettre les panneaux photovoltaïques sur le toit. » Le nouveau directeur a mis en place un département commercial et modifié la signature logo en « Bodenmann Agencement d’Espaces », ce qui reflète mieux la direction que l’entreprise a prise. Des partenariats ont été établis avec différents prestataires, offrant plus de possibilités de développement.

Apprenti retraité
Le patriarche a toujours quelques clients qui l’appellent directement « mais comme je n’ai jamais dit non – ça me torture – je les envoie directement au Campe. Je travaille encore depuis la maison, je suis un apprenti retraité ! » « Nous sommes passés d’un management patriarcal à un management plus horizontal, enchaîne Marc Dépraz, avec plus de communication et plus de marketing, à la fois pour le personnel et les clients. La transmission est en cours, elle est effective dans la pratique, maintenant c’est purement administratif. » Et Jeandaniel de conclure « Marc a endossé l’habit Bodenmann, il s’est parfaitement mis dans le moule, il fait partie de la famille. »

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L’ébène, une histoire de cœur

Pour parler de l’ébène, il faut parfois prendre des chemins de traverse. Retour sur l’itinéraire d’un bois millénaire, de l’Egypte à l’Académie française, qui a transmis son nom à la profession parente et dont le cœur et le génie font toute la singularité. Un bois auquel, chez Bodenmann, de l’herbier aux établis, l’équipe redonne plus que jamais ses lettres de noblesse.

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Les Chants de la Vallée de Joux

Qui l’eût cru ? Dans la Vallée de Joux, un endroit bien isolé, ce pays de loups où peu osent s’aventurer sur les cols enneigés, on dénombre pas moins de 180 sociétés. Comment un bassin de 6’000 habitants peut-il s’enorgueillir d’avoir autant de sociétés actives, le plaçant au niveau des plus grandes capitales européennes ?